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Encore une grande ville indienne, avec son lot de quartiers typiques, de monuments antiques ou modernes, et son artisanat réputé (les objets en bois de santal, la soie et les pashminas). La ville est surtout connue pour son énorme palais, célébration dans la pierre de la renommée de la famille royale locale dont le règne a cessé il y a bien longtemps, mais qui a en tout cas fait construire ce palace magnifique et totalement mégalo au tout début du XXème siècle. Pour nous, Mysore c’est surtout une ville-étape sur la route d’Ootacamund (à vos souhaits), encore appelée Ooty, une petite station de montagne qui abrite les plus belles plantations de thé d’Inde du sud… Ne sachant pas trop ce qu’il y a à voir ici, à part le palais que, paraît-il, il faut absolument aller admirer en soirée le samedi et le dimanche uniquement (car alors illuminé par la magie de la fée Electricité) – raison pour laquelle nous arrivons un vendredi et repartons un dimanche –, nous acceptons d’embaucher un rickshaw-wallah pour la journée : lui, il sait où nous emmener… Et d’ailleurs on compte sur lui parce qu’on a hâte de sortir de note hôtel, qui est vieillot et, surtout, d’un glauque flippant (ces murs verts et carrelés jusqu’à mi-hauteur et cet éclairage au néon nous font fuir notre chambre sitôt habillés). D’ailleurs hier nous n’avons même pas dîné ici, mais sommes allés manger au restau-sur-le-toit de l’hôtel voisin : vachement plus sympa.

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Bref, nous voilà partis avec un chauffeur absolument charmant même si son nom est imprononçable (raison pour laquelle, dans cette chronique, nous l’appellerons « l’homme de Mysore »). Il nous explique qu’on va commencer par le temple de Chamundeshwari (ça aussi c’est difficilement prononçable en fait…), ou autrement dit le temple de Parvati/Durga. Parce que oui, dans l’Hindouisme, un dieu peut en cacher un autre… petite parenthèse donc, pour vous expliquer que dans l’Hindouisme, il y a environ 30000 divinités (oui, vous avez bien lu…) mais qu’en fait une seule divinité peut en faire plusieurs compte tenu de : 1- ses multiples incarnations et réincarnations successives (ce qu’on appelle des « avatars », comme par exemple ceux de Vishnou qui prend forme humaine à chaque génération, histoire de sauver un peu le monde, on peut citer Krishna et Rama), et 2- sa propension à porter un nom différent en fonction de l’attitude qu’elle incarne. Par exemple, Durga est, tout d’abord, un avatar de Parvati, et possède, ensuite, neuf formes différentes selon le pouvoir incarné par elle à tel ou tel moment, chacune portant donc un nom différent : on va vous épargner, mais citons par exemple, Lalita (« celle qui joue ») ou Bhairavi (« celle qui donne la mort »… bah ouais, faut pas trop l’énerver, Durga). Chamundeshwari est encore une autre forme de la déesse, qui fait référence à une légende particulière ou elle vainquit deux personnages maléfiques. En gros, dans ce temple de Mysore, on révère Parvati-sous-sa-forme-de-Durga-au-moment-précis-de-sa-victoire-contre-les-frères-Asura, ce qui se résume par le nom de Chamundeshwari… finalement plus facile à prononcer que la longue épithète ci-dessus. Voilà, fin de la parenthèse, vous pouvez respirer.

En tout cas, la montée au temple, situé sur une haute colline, est un vrai plaisir, même si la vue reste encore un peu bouchée à cette heure matinale (on devine seulement les forêts de bois de santal avoisinantes). S’extirper de la pollution de la grande ville est bienvenu, et les abords du temple, très animés, sont, ma foi, fort sympathiques.

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La ville n’étant pas très touristique, nous sommes les seuls occidentaux en haut de la colline, mais de nombreux pèlerins indiens se font harceler au même titre que nous par les petits vendeurs d’images et de statuettes saintes. Devant le temple, sur la place, de nombreux étals proposent des fleurs fraîches (pour la chevelure des femmes et des enfants) et des noix de coco agrémentées de fleurs elles aussi (pour les offrandes). Un premier stand « Ici on brise les noix de coco » est d’ailleurs placé fort commodément à deux pas devant l’entrée du temple ; des mares de couleurs vives (rouge, jaune, orange) ornent les rebords du bassin où s’effectue l’opération (les pèlerins y trempent le doigt pour s’orner le front de signes religieux, tikkas et autres…).

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Le temple en lui-même n’est pas exceptionnel, et est surtout connu pour la magnificence de ses portes et piliers en or et argent massif… Hélas pour nous, il est en réfection, et toutes les portes ont été décrochées de leurs gonds pour être nettoyées par les prêtres eux-mêmes (et qui dira encore que brahmane c’est la planque, après ça ?). Il nous reste les piliers, et tout un amoncèlement d’objets sacrés posés en vrac dans la cour intérieure, parmi lesquels deux éléphants en argent massif donc la queue est en crin – ce qui nous vaudra une bonne rigolade lorsque l’un des deux appendices se mettra soudainement à trembler et à tournoyer, agité par la présence dans les flancs de l’éléphant d’un rat grignoteur… Le rituel est parfaitement orchestré : en entrant, le pèlerin se dirige soit sur la gauche, pour faire briser sa noix de coco sur l’autel prévu à cet effet, et rejoindre ensuite la file d’attente pour l’accès au sanctuaire de la déesse ; soit directement dans la file s’il a déjà fait préparer ses offrandes au stand extérieur. Ensuite, en arrivant à hauteur du saint des saints, il se trace sur le front un ou plusieurs symboles avec les poudres de couleur placées là à cet effet ; enfin, une fois ses hommages présentés à la déesse, il contourne le sanctuaire par la gauche, pour recevoir à son tour une offrande symbolique (petite bouchée de nourriture et/ou gorgée de sirop qu’il boit, la main en coupe, avant de se « coiffer » avec les dernières gouttes) et saluer d’autres dieux (ou d’autres images de la déesse) placés à l’arrière du temple, et enfin revenir jusqu’à l’entrée principale où l’attend une autre offrande, avant de sortir définitivement. Juste après la sortie, une rangée de brahmanes attend d’ailleurs le chaland pour lui proposer des bracelets aux couleurs de l’Hindouisme (rouge, jaune, orange, safran, mais aussi du noir), tressés ou agrémentés d’une effigie de la déesse montée sur le tigre symbole de sa puissance. On choisit, et puis on laisse une obole au montant de son choix…



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En repartant, l’homme de Mysore marque un arrêt au pied de la statue géante du taureau Nandi – ce taureau qui sert de monture à Shiva et est donc considéré comme sacré lui-même. Un prêtre est en train de le nettoyer, et de nombreux pèlerins lui rendent hommage, en terminant leur prière par un petit rituel de chance : il s’agit de placer une pièce sur le corps du taureau et de l’y « coller ». Si la pièce ne se détache pas, c’est bon signe…



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Autour de l’énorme statue, de nombreux vendeurs (de petits objets ou de boissons, comme du jus de canne à sucre, fabriqué sur une place dans une sorte de broyeuse à l’ancienne) et des tailleurs de pierre qui reproduisent à plus petite échelle l’effigie de la bestiole révérée ainsi que d’autres divinités ou animaux sacrés ; ils travaillent vite et bien, et vendent leurs œuvres pour un prix dérisoire… et puis aussi, ils ont vingt ans à tout casser et déjà le nez dans la poussière dix heures par jour… flippant.



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C’est enfin l’heure d’aller voir le palais de Mysore ! Hélas les photos sont interdites à l’intérieur, donc impossible de vous montrer à quoi ressemble un vrai palais de maharadjah dans cet article… Mais en tout cas, nous sommes un peu assommés devant tant de splendeur et, il faut bien le dire aussi, de mégalomanie. Le trône est dix fois plus grand que le maharadjah qui y siégeait, par exemple, et la frise qui célèbre les traditions locales et met à l’honneur l’un des rois de la dynastie court sur un mur tout entier (et les murs sont looooongs…). La décoration est digne de ce qu’on peut imaginer d’un palais indien : piliers à motifs de plumes de paon, plafonds bleu turquoise ou portes en or… Il y a même un ascenseur, installé à l’époque où il s’agissait encore d’un appareil révolutionnaire ! Et bien entendu, les salles du trône succèdent aux salles des audiences qui s’imbriquent elles-mêmes dans la continuité des salles de bal, desservant pour leur part des salles de mariage… bref, ça n’en finit plus. Mais grâce à un audioguide gratuit pour les étrangers (une fois n’est pas coutume, dans un pays où le touriste est toujours requis de payer plus que le local) et plutôt bien foutu, cette visite est aussi intéressante qu’impressionnante.

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Après cela nous déjeunons rapidement dans le restau d’un hôtel et repartons d’abord pour une brève escale aux abords de la cathédrale, puis pour de merveilleuses aventures shoppinguesques en direction d’un emporium – passage obligé lorsque votre rickshaw-wallah vous fait un très bon prix. Et oui, il faut bien qu’il compense quelque part le manque à gagner, et il espère qu’en vous emmenant dans l’une de ces immenses galeries gouvernementales, où l’on vend tout l’artisanat local (et parfois pas que local), vous dépenserez plein de sous – ce qui lui permettra de toucher une jolie commission. C’est de bonne guerre dirons-nous – et puis personne ne vous force à acheter (encore que les techniques de vente indiennes soient particulièrement au point). Mais pour une fois, nous sommes plutôt contents de notre vendeur, qui comprend très vite que notre budget est limité et qu’on veut acheter uniquement de la production locale – et de qualité. Résultat, ici, c’est surtout la soie et les pashminas qui vont nous intéresser… une petite démo pour mieux comprendre ce qu’est un vrai pashmina ? Y’a qu’à demander !



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Après cela nous terminons l’excursion par le quartier musulman de Mysore : on y trouve des apothicaires (je me jette dans la première boutique venue, attirée par ses bocaux et ses rayons d’un autre âge, et repars avec de l’huile de santal et de nénuphar, cette dernière réputée pour chasser les moustiques – qui ne tente rien…) ; un marché de fruits, légumes et poissons séchés fort odorants ; une manufacture de « bidis » (Yann y apprend à fabriquer la cigarette indienne, en fait une simple feuille de tabac roulée sur elle-même) ; des moutons attachés au pied de murs jaunes, bleus ou verts ; et des gamins des rues très excités par notre présence (comme d’hab). Nous y passons un moment très agréable avant de partir en quête d’un cordon pour le petit Olympus, notre appareil photo miniature et étanche – car Yann a perdu le cordon originel (je précise bien que c’est Yann qui a perdu le cordon originel, une fois n’est pas coutume, hein).







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En nous déposant à l’hôtel, l’homme de Mysore propose de nous emmener prendre le bus demain ; il sait justement qu’un bus part pour Ooty demain matin, ça nous arrange. Du coup nous retournons dîner dans le même restaurant qu’hier le cœur léger, tout est organisé. Sauf que… dans le feu de l’action, nous ratons les horaires auxquels le palais est illuminé… c’est con hein ?

Raconté par Amélie

Lundi 17 septembre

La nuit dans le bus s’avère correcte – autant qu’on peut en espérer d’une nuit de ce genre. Pas de musique casse-bonbons ou de diffusion d’un film bollywoodien à fond les manettes, pas de conversation criée entre les usagers du bus – bref, un silence approximatif (klaxons et bruits de route habituels quand même, faut pas déconner) qui nous permet de trouver le sommeil. Evidemment, le « lit » n’est pas bien large et surtout pas bien long, et comme il n’y a pas d’espace extérieur pour les bagages (ni de soute), nous dormons avec nos quatre sacs. Donc j’ai les pieds en hauteur, posés sur les sacs (en même temps, c’est bon pour la circulation à ce qu’il paraît) et Yann, comme d’habitude trop grand pour les formats indiens, touche le mur avec sa tête et le mur opposé avec ses pieds. Mais on s’en sort et on passe la nuit – un peu rompus quand même à l’arrivée. Vers 5-6 heures du matin je me réveille car le bus est à l’arrêt ; et en voici la raison :


Je trouve ça plutôt sympa, et, de toute façon, j’aime l’Inde à cette heure matinale : elle y est encore paisible. Mais la fatigue a quand même raison de moi et je me rendors. Nous nous réveillons à bon port : ça y est, c’est Dwarka, l’une des villes saintes de l’Inde, située tout au bout du Gujarat, sur une petite péninsule au-delà de laquelle il n’y a plus que la mer… A peine arrivés nous sautons dans un rickshaw pour nous rendre à l’hôtel conseillé par Jaghdir. Hélas, même recommandés par lui, nous peinons à nous faire comprendre (personne ne parle anglais) et visiblement, sans réservation, impossible d’y avoir une chambre. C’est con ; nous voici largués dans une ville inconnue et apparemment peu anglophone, avec vingt ou trente kilos de bagages sur le dos… mais après plus de trente minutes de marche nous finissons par trouver un autre hôtel, sur le front de mer. Les tarifs sont plus élevés que nous le souhaitions, mais franchement, on n’a plus le choix. La chambre donne sur la mer, elle est relativement propre – on va faire avec. Un peu remis de nos émotions – et surtout, après la douche et un petit-dej dans le restau pas très agréable de l’hôtel (une cantine à la lumière au néon, et où l’accueil n’est que moyennement aimable) – nous partons pour découvrir la ville. En fait, Dwarka, c’est tout petit ! La ville est célèbre surtout pour son temple, qui est un haut lieu de pèlerinage pour les hindous. Situé en hauteur, celui-ci surplombe la mer, et la ville se regroupe en fait autour de lui : un marché à droite, un espace de baignade (qui, comme d’hab en Inde, signifie lavoir + salle de bains) à gauche, des vendeurs de bricoles religieuses partout… ça y est, on a fait le tour. Au marché, notre présence fait, comme d’habitude, office d’attraction du jour, mais aujourd’hui c’est particulièrement sympa car cela nous permet de prendre quelques photos de ces paysans qui nous fascinent, car ils réclament eux-mêmes d’être photographiés. Leurs costumes (surtout ceux des femmes, qui ne portent pas le sari mais une jupe, un choli et un grand voile, souvent rouges, ou encore noirs et rouges), leurs bijoux (les boucles d’oreilles énormes des femmes comme des hommes), les turbans (très différents des turbans sikhs) et autres chapeaux masculins ; mais aussi le moyen de transport qu’ils utilisent apparemment le plus (une sorte de carriole très bariolée montée sur un tricycle, le tout estampé Royal Enfield, la marque légendaire de motos indiennes), tout nous plaît, et nous ne savons où donner de l’objectif. Et comme partout en Inde – mais, il nous semble, encore plus que d’habitude -, les vaches sont là… Tout un chacun se fait fort de leur donner un truc à manger (en effet, la vache étant considérée comme sacrée, la nourrir est en quelque sorte une offrande à la divinité maternelle que la vache incarne).

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Ensuite nous nous attaquons au temple, mais comme les photos sont interdites à l’intérieur nous ne pouvons pas vous en faire profiter… L’ambiance y est assez animée, les dévots attendent visiblement la célébration qui va avoir lieu dans une demi-heure (horaire auquel le temple va fermer aux visiteurs étrangers) ; les hommes psalmodient dans un coin, les femmes chantent dans un autre ; tous sont assis par terre. Certains font la queue pour adorer l’idole et lui rendre hommage (à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes ou d’offrandes alimentaires). Nous faisons le tour du temple puis, alors que nous allions repartir, un brahmane (prêtre ou moine) nous arrête pour une petite bénédiction – après laquelle, bien entendu, il réclame rétribution… l’argument étant qu’il faut nourrir les brahmanes. Bon, honnêtement, celui-ci n’a vraiment pas l’air de mourir de faim – il est gras et replet – et nous ça nous emmerde qu’on monnaie les bénédictions. Une bénédiction, ça ne s’achète pas quoi (Luther a déclenché une guerre civile à-peu-près pour ces raisons-là… je suis un peu protestante sur les bords, oui) ! Donc nous affirmons avoir déjà mis de l’argent dans la boîte à offrandes et nous fuyons. On sait, c’est mal. Mais à notre décharge, on a déjà payé l’entrée au temple – et comme d’hab l’entrée pour les touristes étrangers est dix à vingt fois plus chère que pour les Indiens… offrande faite donc. Et surtout, on préfère donner aux vrais nécessiteux – entre autres une petite vieille aveugle qui mendie à la porte du magasin où nous entrons.

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Dans l’après-midi nous partons avec le chauffeur que nous avions réservé pour faire une bonne balade dans les alentours. Le coin regorge de temples et de lieux sacrés, et il paraît qu’il faut absolument faire une promenade en bateau jusqu’à Bet-Dwarka, une petite île qui est, elle aussi, un haut lieu de pèlerinage. C’est assez confortable car tout cela se fait en voiture, et notre chauffeur sait où aller. Sur le chemin, nous traversons des carrières de sel exploitées par Tata, le géant industriel indien (ici, le pétrole, c’est Tata, les télécommunications, c’est Tata, les voitures, c’est Tata – et visiblement, le sel aussi c’est Tata). Dans le premier temple, une statue moderne, géante et polychrome de Shiva nous arrête quelques instants. Les dévots circulent autour de la statue pour aller toucher le nez de la peau de panthère sur laquelle le dieu trône. Nous y admirons aussi un arbre sacré, orné de fanions colorés – principalement en orange, couleur sacrée de l’hindouisme -, auquel les dévots viennent faire révérence. Dans le deuxième lieu – en réalité une succession de petits temples anciens situés en bordure de rivière – nous passons un peu plus de temps car des femmes m’embarquent à l’intérieur du plus ancien de ces petits temples pour une séance de bénédiction (cette fois purement gratuite, et avec le sourire !) qui m’émeut beaucoup. Leur seule volonté était vraiment de me montrer leur dieu et leur temple et de partager un moment avec moi. J’aime… Pendant ce temps, Yann prend à sa demande des photos d’un monsieur atteint de la lèpre, en m’attendant au bord de la rivière. A ma sortie du temple nous en profitons pour faire une séance de pose avec les dames en question.

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Ensuite nous prenons la route pour le port ; les pêcheurs retapent leurs filets pendant que les éternelles vaches se couchent pour une dernière rumination… Nous nous dirigeons vers l’embarcadère : c’est toute une aventure de prendre le bateau avec les pèlerins !!!! A chaque instant nous craignons de tomber à l’eau : ça pousse, ça tire, ça double, ça marche sur les pieds… une vieille dame s’accroche à mon épaule, je suis noyée dans la foule. Heureusement, Yann, du haut de son mètre 86, dépasse toujours tout le monde et je ne peux pas le perdre de vue… D’un coup, alors que nous attendons le bateau, surgit une barque réservée par un groupe de touristes français ; leur guide nous reconnaît (il nous a entendu parler français à l’arrivée au port) et nous propose d’embarquer avec eux. Solution de facilité, moins exotique que de faire le trajet avec les Indiens… Yann regrette que nous disions oui, mais difficile de refuser, leur barque a déjà fait demi-tour pour revenir nous prendre… Le trajet ne dure pas très longtemps cela dit, et nous nous séparons sitôt arrivés sur l’île. Une énième visite de temple ne nous disant trop rien, nous en profitons pour nous promener en dehors des sentiers battus pendant environ une heure (campagne et maisons colorées à moitié détruites) – et comme d’habitude, les enfants sont les premiers à nous repérer et à venir nous demander des photos, mais cette fois-ci ils sont vite rejoints par un adulte tout heureux de se voir en photo. C’est l’heure du retour, et cette fois nous comptons bien embarquer avec les Indiens, histoire de vivre l’expérience d’un bateau bondé (allons-nous couler ???) et animé comme on aime. Et en effet, c’est l’occasion d’une série de rencontres et surtout d’une série de photos avec les Indiens et surtout les Indiennes, ravies de poser avec nous. L’une d’entre elles veut même que je pose avec son bébé, Meet (je ne sais pas si c’est une fille ou un garçon mais au moins j’ai le prénom !). D’abord peu rassuré, le bébé en question se met à me faire des sourires… c’est chou.

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La nuit tombe, et le port devient sombre. Notre chauffeur nous récupère et prend un raccourci pour rentrer plus rapidement. Sur le chemin, un dernier arrêt dans un petit temple à l’heure de la prière, et ça y est, notre journée est terminée…

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Mardi 18 septembre

Le personnel de l’hôtel s’est avéré très serviable, donc finalement pas de regret quant à ce choix forcé. Mais il est quand même temps de reprendre la route, car Porbandar nous attend, et ce n’est que de Porbandar que nous pourrons rallier Tarnetar. Enfin, même pas Tarnetar, mais Chotila, la « grande » ville la plus proche de ce bled où se tient le festival auquel nous allons assister. A Porbandar, peu d’attractions semble-t-il, mais c’est la ville de naissance du Mahatma Gandhi – donc un lieu saint en soi, aussi, même si c’est plus démocratique que religieux cette fois-ci. Cela dit, il nous faut encore faire quatre heures de bus avant d’arriver… La route est jolie, elle longe la mer en plusieurs endroits, mais c’est encore un bus local où les fessiers morflent et où le trajet semble long comme un jour sans chapati… bref, nous finissons par arriver à Porbandar, totalement morts de faim. Pas un resto autour de nous, argh, comment va-t-on faire ? Nous avons toujours nos bagages sur le dos (mon Dieu, mais heureusement que Jaghdir nous en a gardé la majorité, je n’ose même pas imaginer comment on aurait fait sans lui !!!), et pas prévu de prendre un hôtel ici car nous repartons ce soir même pour Chotila. Et d’ailleurs il faut qu’on réserve nos tickets de bus ! Nous expliquons à un rickshaw-wallah pas très bilingue que nous voulons manger continental (occidental), et il nous dépose devant une épicerie… aïe, on s’est mal fait comprendre. Mais en fait – oh, joie ! – les deux vendeurs (Chetan et Kiran) parlent très bien anglais et ont l’habitude d’aider les étrangers paumés. Un coup de fil plus tard et ils ont réservé nos billets de bus pour nous. Ils nous notent l’adresse de deux restaus et nous expliquent qu’ici les restaus sont forcément dans des hôtels. Enfin, l’un d’entre eux nous emmène jusqu’à l’agence de voyage pour que nous puissions récupérer nos billets. Clairement : nos sauveurs !!! Une demi-heure plus tard nous sommes attablés dans un restau correct, billets de bus en poche. Yes !!! Bon, il ne faut pas non plus s’éterniser, car nous avons quelques visites à faire. Euh, en fait, nous n’avons qu’une visite à faire… et même si elle est intéressante, elle s’avère un peu trop courte pour remplir l’après-midi. Surtout qu’avec les sacs que nous portons ça reste un peu pénible de beaucoup marcher, et qui plus est de gravir les « escaliers » (plutôt des échelles en fait) qui relient entre eux les étages de la maison natale de Gandhi, aujourd’hui accolée à un grand bâtiment de couleur crème qui sert en quelque sorte de musée à la gloire du père de la nation. Donc on prolonge la visite par une balade à la plage – et quelle plage ! Un truc carrément crade voire glauque où traînent quelques gamins pauvres, et où l’horizon dessine les silhouettes de bâtiments industriels et d’usines… Harrassés par les mômes en question, nous finissons par lâcher l’affaire, et vers 17 heures nous sommes de retour dans le même restaurant… et notre bus est à 22h30… ça va être long.

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La journée s’écoule donc devant l’ordinateur, à boire des lassis et des mango shakes et à grignoter. Ensuite nous passons une bonne heure à attendre le bus, assis dans la rue à côté des chiens les plus pelés, galeux et miteux que nous ayons jamais vus jusqu’à maintenant. Quand le bus arrive, c’est un vrai soulagement d’y monter, même s’il semble beaucoup moins confortable que le premier bus de nuit que nous ayons pris (pas de porte aux cabines mais des rideaux, et un espace moins haut de plafond car les couchettes sont en hauteur au-dessus de classiques fauteuils, contrairement au premier bus qui n’avait que des cabines). Mais bon, depuis quelques jours nous n’accordons plus la même valeur à la notion de confort, alors…

Raconté par Amélie

Jeudi 6 septembre

Par malheur pour moi c’est un jeudi noir que celui-ci. J’ai eu la bonne idée de déroger à mon régime « no street food » et l’effet est immédiat et radical : vomissements à partir de 4 heures du matin, et diarrhée dans la foulée. Une vraie, une belle, une splendide tourista… la bien nommée maladie des touristes inconscients (mais pourquoi Yann n’a rien, lui ??? c’est vraiment trop injuste…). Bref, je m’en souviendrai de ce samosa à la station de bus d’Amritsar ! Du coup, je ne peux rien avaler d’autre qu’une demi-banane dans la journée, et je ne fais que dormir. Yann joue les garde-malades avec beaucoup de douceur, mais il doit bien s’ennuyer… C’est vraiment très désagréable de se sentir aussi faible, surtout lorsqu’on doit faire cinq heures de bus dans la journée. Et d’ailleurs, impensable de faire ces cinq heures de bus en fait !… Donc Varun et Barsha nous dégotent une solution viable : nous allons louer une voiture avec chauffeur jusqu’à Delhi. Evidemment, ça coûte plus cher et ça ne dure pas moins longtemps, mais au moins le chauffeur s’arrêtera selon mes besoins… En attendant, je prends les comprimés adéquats et, si la faiblesse ne passe pas, les symptômes s’arrêtent assez rapidement – ce qui est déjà un grand soulagement. Nous arrivons à Delhi vers 22 heures, accueillis par les parents de Meher (et le chien de la famille, Pesha, une nouveauté), car celle-ci est en déplacement professionnel. Je suis super motivée pour les 7 heures de cours que je dois donner demain, mais à Dieu vat…

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Vendredi 7, samedi 8 et dimanche 9 septembre

Le week-end voit s’enchaîner les heures de cours. Je dois monter une chorégraphie pour la troupe féminine de ma copine Titil et donner une formation professionnelle de salsa à des danseurs de hip-hop, danse orientale et jazz coachés par mon amie Meher. Honnêtement, c’est pas facile vu que je me sens aussi dynamique qu’un mollusque, et que je ne continue à ne manger que des bananes et du yaourt – et vaguement un peu de riz et du kicheri (un mélange de lentilles et de riz très dilué et réputé pour être super digeste). Mon erreur sera d’ailleurs de me croire guérie le samedi et de m’enfiler avec joie deux tiers de hamburger… et trois gorgées d’alcool le soir, à la soirée d’anniversaire de ma copine Shalu. Je le paie immédiatement : nouveaux vomissements le dimanche matin et annulation du cours de 8H. Mais bon, pour le reste, ça va, et il y en a au moins un qui est content de manger du boeuf et de boire des bières !!! Nous ne savions d’ailleurs pas que c’était possible de manger du boeuf à Delhi – pour ceux que ça intéresse, ça se passe au Hard Rock Café.


Par contre la grosse blague c’est que les moustiques, jusque là invisibles même à Rishikesh où nous dormions au-dessus de la rivière, font leur apparition – et de façon très agressive – à Delhi. Evidemment, comme d’hab, c’est moi qui me fais dévorer et Yann n’a pas une piqûre (c’est vraiment trop injuste on vous dit !!!). Le père de Meher va jusqu’à m’acheter Odomos, la crème locale réputée radicale, et j’essaie même les patches que tous les élèves de la mère de Meher utilisent – mais rien n’y fait, même en cumulant trois produits protecteurs. Et en plus avec la pollution, j’enchaîne les migraines. Bref c’est vraiment un séjour enchanteur… La poisse, on vous dit.

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Lundi 10, mardi 11, mercredi 12, jeudi 13 septembre

Pendant que j’essaie de donner des cours un peu professionnels, Yann travaille à finir les photos du mariage de son frère. Du coup, en ce qui concerne Delhi, nous sortons assez peu et les visites ne s’enchaînent pas de façon… effrénée on va dire. Nous découvrons quand même la ville sous un jour nouveau : au-delà des marchés dont nous avions l’habitude (mais dont les prix ont clairement augmenté), la grande nouveauté c’est tout de même ce centre commercial tripartite impressionnant – et évidemment beaucoup moins bon marché – où la jeunesse de Delhi vient dorénavant traîner, boire des coups et voir des films. J’y emmène Yann pour son anniversaire – le 10 septembre -, car on y trouve une boulangerie-pâtisserie française, « L’Opéra » (que les Indiens appellent « El Opéra » car ils ne savent lire le français, et qu’ils ne lient donc pas le L apostrophe avec le reste du mot). Nous y dégustons une tartelette (j’avoue que je me suis aussi enfilé un sandwich au Brie – oui, au vrai Brie ! – histoire de célébrer la fin de ma diète banane), avant de repartir vers un marché appelé GK1, où Yann se choisira comme cadeau d’anniversaire une très jolie chemise indianisante en lin… il est vraiment très beau dedans… et je suis un juge impartial évidemment !!!


Comme je vais mieux au fil des jours on reprend aussi le cours de nos balades, principalement dédiées au shopping il faut bien l’avouer… Ca veut surtout dire des heures de rickshaw, dans les bouchons, la pollution, les gaz d’échappement et les bruits permanents des klaxons, le tout sous une chaleur humide poisseuse désagréable – un vrai bonheur. Car malgré l’amélioration significative de la ville (Delhi a maintenant un métro, un aéroport international digne de ce nom et un centre commercial de grande taille), la pollution reste un véritable fléau ici. Mais les balades en rickshaw sont aussi l’occasion de voir vraiment la ville, car les rickshaw-wallahs n’hésitent pas à passer par les ruelles les plus étroites ou les terrains vagues où se plantent les tentes des habitants les plus pauvres – ce qui donne à Yann l’occasion de prendre au vol de multiples photos.

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Comme dans toutes les villes indiennes, les vaches sont extrêmement nombreuses dans les rues, et Yann se la joue cartoon : dans chaque vache, il croit reconnaître un hamburger !!!

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Mardi, nous tombons par erreur sur un temple dédié à Krishna en cherchant le Lotus Temple (un temple ba’hai à vocation universaliste, sans icône ni idole, et dédié principalement à la méditation), et enchaînons donc la visite des deux temples dans la même soirée. Le Lotus Temple s’avère assez décevant à l’intérieur car il n’y a rien à voir, il faut y venir pour méditer et prendre le temps ; et pour cela faire la queue parmi des centaines de touristes venus pour constater… qu’il n’y a rien à constater ! Mais il reste l’un des monuments emblématiques de Delhi, donc à faire, et le coucher de soleil y est bien joli.

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Le temple de Krishna s’avère une bonne surprise car il est assez animé, grâce aux chanteuses qui y psalmodient et aux dévots qui viennent y prier (de façon plus ou moins discrète puisque certains vont jusqu’à se rouler par terre). La coutume ici est d’offrir des offrandes aux divinités (fleurs ou pâtisseries), offrandes qui sont ensuite redistribuées aux fidèles par les moines.

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Nos soirées se passent chez Meher, à discuter avec ses parents et elle. Le dimanche, petite variante au programme : je me fais mordre par le chien, avec qui j’étais jusque là pourtant assez copine – ce chien est assez obstiné, et s’il a décidé d’entrer dans une pièce et vous bloque le passage, impossible de l’en empêcher sous peine de se faire agresser… du coup mon cri réveille toute la maison, mais au final il m’a juste pincé le pied très fort (bon, au sang quand même). Franchement, ce séjour à Delhi, c’est trop de la balle en ce qui me concerne… Mais le mercredi soir, Meher invite toute sa troupe de danse ainsi que Yann et moi à dîner au Big Chill, un restaurant américanisant aux milk-shakes impressionnants… du coup on se régale. Enfin jeudi c’est le jour du départ. Je donne mon dernier cours le matin et nous filons à l’aéroport pour prendre l’avion en direction d’Ahmedabad, la capitale du Gujarat.

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Grâce à Meher et à ses parents, adorables comme toujours, on a été aux petits soins pour nous toute la semaine, ce qui a compensé les difficultés de notre (enfin, surtout mon) séjour à Delhi (tourista, pollution, morsure de chien et mosquitos). Ca va être dur d’être à nouveau lâchés dans la nature, livrés à nous-mêmes et aux difficultés habituelles d’un voyage de routards… et en même temps, j’avoue que je suis contente de ne plus voir ce chien et d’échapper aux moustiques infernaux de Delhi.

Raconté par Amélie

28 août 2012

Après une courte mais bonne nuit de récupération, nous voilà partis pour une visite de la ville de Haridwar, à une petite demi-heure de route de Rishikesh. Ni les ventilos bruyants, ni le torrent qui s’écoulait à deux pas de la chambre n’auraient pu nous faire passer une mauvaise nuit après le trajet de la veille !!! Notre hôtel, le Om blessed cottage, est très mignon d’ailleurs, même si les chambres sont un peu spartiates…

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Bus svp ! Nous nous faisons déposer au centre de la ville, ne sachant pas trop où nous diriger dans un premier temps. Nous devons trouver un rickshaw. Le marchandage commence, finalement c’est trop cher, nous partons à pied et sommes très vite rattrapés par ce même rickshaw (conduit par le tout jeune Sanjay), où régnait d’ailleurs une ambiance du tonnerre.


Ca y est, nous y sommes! Située à l’endroit où le Gange quitte les montagnes himalayennes, Haridwar est l’une des villes les plus sacrées d’Inde, l’une des deux seules villes (avec Varanasi, anciennement Bénarès) où les Hindous peuvent venir jeter les cendres de leurs défunts. On peut donc trouver aux abords des fleuves des vendeurs d’offrandes (mini-barques emplies de fleurs) et de bidons pour recueillir l’eau sainte. De nombreuses statues de divinités sont immergées dans le fleuve, et un peu plus loin sur l’autre rive une statue géante de Shiva surveille le Gange.

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Mendiants, saddhus, pèlerins, commerçants, vaches, cochons, curieux… se partagent les quais dans un vacarme étourdissant ; les odeurs fusent de toutes parts, le tout sous un soleil de plomb. La couleur orange prédomine car elle est un signe de sainteté de l’Hindouisme.
photos saddhus, pèlerins et animaux
Cependant les rives du Gange sont aussi un lieu de vie quotidienne : l’eau du fleuve sert aussi de piscine, de baignoire ou de lavoir. Et sans doute aussi, d’ailleurs, de « pissoir »…

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Nous traversons d’abord un premier « pont des miracles » où la plupart des mendiants exhibent leurs mutilations ou maladies… Il faut l’avouer, il faut avoir le coeur bien accroché à certains moments. Amélie aura bien du mal à s’empêcher de vomir juste après avoir dépassé un énième petit gamin qui dormait par terre dans les ordures… ou peut-être était ce dû aux odeurs très (trop…) prenantes?

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Nous nous baladons durant plusieurs heures sous une chaleur vraiment très dure à supporter, en suivant les rives du fleuve jusqu’à la statue de Shiva.

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A la fin de notre balade nous apercevons un temple qui surplombe le Gange ; nous décidons d’y aller et prenons un rickshaw. Nous arrivons dans un quartier très animé, empli surtout de femmes aux vêtements très colorés qui, elles aussi, montent au temple.

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Après avoir acheté nos billets nous patientons dans une salle d’attente, tel du bétail bien ordonné. Nous montons ensuite dans les « oeufs » colorés du téléphérique et puis après… c’est space ! Un peu paumés dans cette espèce de mini-village dédié à la prière (hindoue), nous suivons les gens, nantis des offrandes que nous avons achetées en bas et dont nous ne savons que faire (au final on redescendra même avec). C’est un temple où la prière ressemble à du travail à la chaîne : 1-faire la queue 2-donner des sous 3-donner les offrandes 4-donner des sous 6-allumer l’encens 7-se faire peindre un tikka 8- prier 9-donner des sous… Nous y errons quelques minutes puis nous flânons à l’extérieur et gravissons la colline qui offre une vue splendide sur la vallée du Gange.

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Arrivent les premières demandes pour se faire prendre en photo avec nous, et comme les mendiants font aussi leur job, nous sommes vraiment très sollicités. Mais nous jouons le jeu et ces petites séances improvisées nous permettent de faire de jolies rencontres – même si la communication n’est pas toujours évidente. Les enfants en particulier se jettent sur nous pour nous demander stylos, bonbons, quelques roupies… mais surtout d’être photographiés ! Le long du chemin de fer nous passons quelques instants avec eux.

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Au final nous avons passé une journée éprouvante mais vraiment pleine d’émotions. Toutefois ce lieu de pélerinage n’est pas forcément à conseiller si vous venez découvrir l’Inde pour la première fois car le choc est on ne peut plus violent…

29 août 2012

Nous avons quelques heures devant nous avant de repartir sur la route. Nous louons un scooter et nous dirigeons vers un parc réputé pour ses deux cascades naturelles. Ce n’est pas très rassurant car seule Amélie a un casque (qu’elle a exigé), et les Indiens conduisent d’une façon… particulière.

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Ca y est ! Enfin un peu de calme ! Nous payons un droit d’entrée de quelques roupies et commençons à gravir de petits chemins de montagne pour accéder aux chutes. Au bout de trois quarts d’heure de marche, la chaleur est très présente (il faut dire qu’il est midi et qu’il ne nous reste qu’un fond d’eau). Nous sommes trempés (de sueur) de la tête aux pieds… J’avoue que, dans cette fournaise, j’ai vraiment tiré la langue – Amélie s’en sortant bizarrement mieux que moi.

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La végétation est très belle (j’adore ces arbres !) et émaillée de falaises d’ardoise.

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Dans ce contexte l’arrivée à la cascade est très rafraîchissante. Nous étions tellement heureux de l’atteindre que nous y sommes restés un bon moment, à faire les fous en jouant avec l’eau. J’en ai profité pour expérimenter un nouvel accessoire photographique dont je vous livre deux-trois petits échantillons…

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Lors de cette balade nous avons croisé quelques animaux exotiques (libellules de toutes les couleurs, lézards et singes), mais aussi quelques autochtones vivant dans des zones escarpées ; certains sont arrivés aux chutes en même temps que nous pour s’y rafraîchir, y faire toilette et y remplir leurs bidons. Leurs conditions de vie sont particulièrement démunies…

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D’en haut, la vue était vraiment très sympa…

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Ensuite nous faisons le chemin inverse et après déjeuner nous reprenons notre route en direction de Chandigarh (au total une dizaine d’heures de transport en exagérant à peine, car le bus local est vraiment… local) ; Chandigarh où nous attendait Varun, venu nous chercher à la station de bus. Mais ceci est une autre histoire…

Raconté par Yann.

Ca y est, nous quittons Katmandou… nous l’avons décidé ici, ce n’était pas prévu, car notre hôtel est en quelque sorte jumelé avec un autre hôtel situé quelque part dans les hauteurs, à une heure et demie de route et qu’ils en font ici la promotion. On y respire un air moins pollué, et la vue sur les montagnes est, paraît-il, époustouflante. Voilà qui nous convient parfaitement ! Nous avons donc réservé l’hôtel et le chauffeur, pour partir en direction de Nagarkot avec un arrêt par la ville historique de Bhaktapur. Cette cité fut autrefois la capitale du royaume, et reste aujourd’hui une ville sainte où se tient tous les ans un festival religieux lors duquel plus d’une centaine d’animaux sont sacrifiés. N’ayant aucune idée de ce que nous allions voir nous avons finalement retenu le premier guide qui s’est présenté, un jeune étudiant en histoire du nom de Krishna, à la fois adorable, patient et savant. Au final nous l’avons payé le prix qu’il demandait au départ et que nous avions pourtant négocié pour cause de budget serré (l’entrée du site coûtant déjà un prix exorbitant, puisque revenant au final plus cher que l’entrée du Louvre !) , car nous avons passé avec lui un moment formidable. Il nous a même pris en photo avec beaucoup de talent, en cherchant les meilleurs cadrages – on sent l’habitué !

La ville est magnifique, riche – évidemment – en temples de différentes architectures et en sculptures, et possède même un magnifique bassin aux cobras, qui était autrefois réservé aux rois et aux reines. J’ai pu m’imaginer assez clairement, même s’il est aujourd’hui verdi de mousse et habité par les libellules, comment se baignait Cléopâtre… L’un de ses temples possède même neuf étages. Un autre s’est écroulé lors d’un tremblement de terre et sa reconstruction a été financée grâce à Helmut Kohl – avec les deniers allemands donc.

Mais Bhaktapur est aussi la ville du tanka, la peinture traditionnelle népalaise, et possède même une école de tanka, où nous avons été reçus par un professeur francophone dont les explications étaient vraiment les bienvenues. En effet, le tanka est une peinture principalement bouddhiste (mais aussi parfois hindouiste) où figurent les divinités et bodhisattvas protecteurs, l’histoire de la vie de Bouddha, le cercle de la vie et des réincarnations (qui ressemble au jeu de l’oie), ou encore différentes représentations de mandalas, cette figure géométrique où les cercles s’inscrivent dans des carrés qui s’inscrivent dans des cercles… le truc qui rend fou. En fait, comme nous l’avons appris, il s’agit de la représentation d’un stupa vu du ciel (un stupa étant un temple bouddhiste), une représentation qui a une valeur hautement symbolique également, et dont l’une est signée par le Dalai Lama lui-même. C’est très impressionnant de voir travailler les peintres car une peinture de taille moyenne prend environ trois mois pour être terminée, tant les détails abondent et exigent de la minutie.

Ce qui nous a beaucoup plu à Bhaktapur, c’est que la ville n’est pas morte. Malgré l’abondance de temples séculaires dans son enceinte, elle est habitée et animée sans être bondée. On peut d’ailleurs y voir travailler les potiers et les « tricoteuses », et leur acheter quelques-unes de leurs productions. En sortant de l’enceinte principale on tombe sur des villageois en train de faire sécher leurs épices.

Après la visite de Bhaktapur, il était déjà une heure de l’après-midi et nous voulions arriver à Nagarkot à temps pour déjeuner. Il nous restait une heure de routes de montagne, parfois même très caillassées, mais magnifiques car la vue devenait de plus en plus époustouflante au fur et à mesure qu’on s’élevait. Les rizières, les montagnes, les paysans (et surtout les paysannes, avec leur anneau dans le nez et leurs costumes de couleurs vives), les buffles, vaches, chèvres, les écoliers… En arrivant à l’hôtel nous étions déjà convaincus d’avoir bien fait de quitter la grande ville, même pour une seule journée. Notre chambre nous a encore plus convaincus que nous avions eu raison ! Vitrée sur deux de ses murs, elle donne sur un balcon en L qui offre un panorama splendide à l’est et au sud. Ca moutonne, autant de collines que de nuages, et c’est vraiment splendide… C’est, pour le coup, une vraie « chambre avec vue ».

Du coup après déjeuner, j’ai fait une micro-sieste – il fait plus frais ici qu’en bas et c’est bien agréable – puis nous sommes partis en vadrouille pendant deux heures. Nous avons croisé Takhur, un écolier qui nous a demandé un stylo (heureusement j’en avais un), puis un fou qui d’amusait à lancer son couteau sur ses chiens (brrrr…), mais globalement c’était assez vide, et ça aussi ça fait du bien après la surpopulation de Katmandou…

Yann en a profité pour jouer les reporters animaliers et augmenté son répertoire « Faune et flore du Népal » (photos à venir prochainement). C’est pas toujours facile car tous les insectes ne sont pas forcément très coopératifs, mais ça lui fait faire du sport ! En tout cas ici les insectes sont particulièrement colorés. Petite vidéo aussi pour vous montrer une sorte de scarabée rouge vif que Yann n’a pas réussi à photographier pour cause de conditions difficiles (derrière une vitre etc).




Ensuite nous sommes rentrés dîner. Evidemment, en passant par la case « apéro » sans laquelle Yann est un peu malheureux – mais ici pas de bière locale à découvrir, il a dû la jouer classique. L’orage menaçait (c’est toujours la mousson) et s’est mis à tomber à la fin de l’apéro, du coup nous sommes rentrés attendre le repas à l’intérieur. Lequel était tellement copieux que nous n’avons pas pu finir ! J’en profite pour souligner que Yann progresse en anglais, et surtout qu’il m’est d’une grande aide pour traduire le népaglish, un sabir que j’ai parfois bien du mal à comprendre et avec lequel il n’a, semble-t-il, aucune difficulté : un chauffeur de taxi nous parle de « tapida », Takhur nous réclame « a pien », le serveur nous sert du « tsikin »… instantanément, Yann sait qu’il s’agit de « traffic jam » (bouchons), « a pen » (un stylo), « chicken » (du poulet). Comme quoi il est beaucoup plus doué pour les langues qu’il ne veut bien le dire…

Bref, nous sommes très heureux d’être ici, et n’avons pas spécialement envie de partir ; et je finirai par une petite photo du « lion kepon », une peinture qui se trouvait dans la salle à manger et qui nous a tellement plu que nous l’avons rebaptisé (enfin, Yann l’a rebaptisé et ça m’a fait beaucoup rire…)…

Nagarkot lion kepon

Raconté par Amélie.

Franchement ça ferait pas un bon titre de roman, ça, « Les bûchers de Pashupatinath » ?
Petit à petit nous « défatiguons » et, ce matin, nous avons même réussi à nous lever à 8 heures, ce qui nous a permis de partir assez tôt en vadrouille et de mieux profiter de notre journée. Nous craignions en effet que la pluie, qui a tendance à tomber plus ou moins sérieusement à partir de 14h, ne handicape notre après-midi. Mieux valait se dépêcher et filer en direction de Pashupatinath dès que possible… Pashupatinath, c’est un grand site majoritairement hindouiste, dédié principalement aux crémations funéraires, mais c’est aussi un lieu de vie. Le fleuve, considéré comme sacré, est à la fois le lieu où l’on déverse les cendres des défunts, la piscine où s’organisent des concours de plongeons, et la baignoire géante où l’on se shampouine… On y fouille aussi, pour retrouver les bijoux avec lesquels les morts sont incinérés et qui y sont jetés en même temps que leurs cendres.

Le site est également payant et, cette fois-ci, nous avons en plus pris un guide, afin de bien comprendre les nuances de ce que nous étions en train de regarder. Le nôtre s’appelle Dilip et il parle plutôt bien français, surtout lorsqu’il s’agit de nous expliquer ce que sont le lingam (« le zizi ») et le yuni (« la foufoune » selon ses propres termes), les symboles de fécondité du dieu Shiva et de la déesse Parvati, représentés en 3D dans tous les temples hindous. Il est assez fort aussi en ce qui concerne les testicules (« les couilles » ou « les burnes »), et nous a d’ailleurs raconté une anecdote croustillante queça nous démange de rapporter ici : un jour, un collègue a lui était en train d’expliquer, devant une représentation du dieu Shiva en érection, l’importance de la trinité hindoue, « volonté-pouvoir-connaissance », représentée par le trident du dieu Shiva. Quelques minutes plus tard, il entend un Italien qui se tenait derrière lui pendant cette démonstration expliquer à sa femme ce qu’il en avait compris : « Tu vois pour les Hindous le dieu Shiva représente la trinité volonté-pouvoir-connaissance, symbolisée par son testicule droit, son testicule gauche et son phallus… ». A la décharge de ce touriste ignorant, le sexe est partout dans l’Hindouisme, mais si mes souvenirs de l’Ecole du Louvre sont bons, c’est parce que le plaisir sexuel est la représentation symbolique du plaisir de l’union de l’âme humaine avec le divin (juste histoire de vous ôter de l’idée que les Hindous sont des obsédés sexuels). Je me demande si on ne peut pas aussi interpréter la présence de scènes d’actes sexuels dans les temples (et surtout dans les temples de Pashupatinath) comme la signification que la vie et la mort sont intrinsèquement mêlées…

Ceci dit la principale vocation de Pashupatinath n’est pas l’érotomanie mais bien la crémation funéraire. Les bûchers fonctionnent à plein temps, et nous avons même pu assister à la crémation d’un policier mort dans l’exercice de ses fonctions ; une énorme escouade policière était donc présente pour lui rendre hommage, et s’est recueillie sous les cris de la veuve pendant la préparation du corps. C’est à la fois fascinant et déroutant que la mort soit ainsi spectaculaire au Népal (comme en Inde), et plus que cela même, touristique… Nous payons pour regarder et avoir le droit de filmer et prendre des photos d’un événement pour le moins intime… et même si c’est particulièrement passionnant, car cela fait partie d’une culture que nous connaissons mal, c’est dans le même temps gênant et très émouvant. Les hurlements de la veuve, qu’ils fassent partie du rituel ou qu’ils soient sincères, prenaient véritablement aux tripes. Et évidemment, face à cette scène, on ne peut que se dire qu’un jour on en sera là nous aussi. Franchement, ça serre le bide…

Sur tout le site vivent de nombeux saddhus qui se promènent et hèlent le touriste afin qu’il leur lâche un peu de sous en contrepartie d’une ou deux photographies – pour lesquelles ils ont des poses toutes prêtes. La plupart d’entre eux sont habillés et maquillés en orange, mais nous en avons croisé un dont le visage était peint en vert – parce que c’est la couleur de la nature, nous a-t-il expliqué. Deux magnifiques personnages habillés en mauve se sont arrêtés pour nous parler, l’un (le plus gras) soutenant l’autre (très ascétique, car il s’agissait d’un yogi). Les saddhus sont des personnages assez drôles, que ce soit par leur apparence vestimentaire (nous avons particulièrement aimé le saddhu couronné de stickers et d’images) ou par leur capacité à vous soulager d’une pièce ou d’un billet supplémentaire avec le sourire. Comme quoi nul n’échappe au capitalisme, pas même les saints… d’ailleurs, notre guide nous a désigné les centres de méditation et de yoga qui surplombent la rivière, en les appelant « monétation » et non plus « méditation » !

Tout en haut du site, placé sur une colline, il y a un accès vers un petit parc dans lequel on trouve des singes, des daims et d’autres cervidés. Nous y avons fait une petite promenade pour admirer la vue sur la ville qui s’étalait à nos pieds.

Au sortir de l’enceinte se trouve un grand bâtiment dans le centre duquel se dressent cinq temples hindousites, entourés de galeries dans lesquelles logent des personnes (très) âgées et démunies, dont un centre social (géré par des soeurs de Mère Thérésa si nous avons bien compris) prend soin. L’appareil photo nous démangeait sérieusement car les costumes qu’elles portaient étaient magnifiques et leurs visages marqués extrêmement émouvants, mais nous n’avons pas osé les canarder, et n’avons finalement monnayé qu’une seule photographie (bientôt dans une galerie spéciale « Portraits du Népal »).

Il faisait extrêmement chaud et il a à peine bruiné aujourd’hui. Résultat, bien que Yann ait utilisé, à la manière asiatique, son parapluie comme une ombrelle, il a cramé des bras et du visage. Le bronzage camionneur, c’est pour lui ! Cela dit le mien n’est pas mal non plus, j’ai le nez joliment couperosé…

Après cette longue matinée nous sommes allés nous remettre de nos émotions dans le coin le plus touristique de Katmandou : celui des boutiques. Mais là, aucune photo, car tout sera dans des boîtes sous le sapin de Noël en décembre… à très vite !

Raconté par Amélie.

Aujourd’hui, c’était la journée thématique « Durbar Square ». Il y a deux endroits nommés de la même façon car l’un est situé dans le district de Katmandou et l’autre dans celui de Patan. Tous deux sont des sites inscrits au patrimoine de l’UNESCO, constitués de temples hindouistes construits sous forme de pagodes, et datant d’époques disparates (je posterai quelque chose de plus historico-culturel dans quelque temps). On a commencé par se déplacer à pied, car le premier Durbar Square est situé non loin de l’hôtel ; mais, pour y aller, il faut traverser une zone très peu agréable, dans la chaleur et la pollution, et l’odeur abominable de la pauvreté (un mélange de crasse, de détritus et de pots d’échappement). Bref, la balade était moyenne, et comme le soleil tapait dur nous sommes arrivés (déjà) lessivés.

L’entrée au site est payant (ce que nous savions) mais nous ne soupçonnions pas qu’il pouvait être aussi cher ! 750 roupies népalaises le ticket, c’est l’équivalent, à peu de chose près, d’une entrée au Louvre, ce qui est très conséquent dans un pays où on gueuletonne pour ce prix-là… Du coup on a dit non à tous les guides (parfois très insistants) qui se proposaient, et on a filé voir la Kumari dont la dernière apparition devait être à midi – horaire dont on s’approchait. La Kumari c’est cette « déesse vivante » dont vous avez sans doute entendu parler si vous avez regardé un certain documentaire diffusé par Envoyé Spécial il y a environ un an… une gamine ultra-parée qui s’ennuie derrière ses barreaux, derrière lesquels elle apparaît pour toiser ses admirateurs (touristes comme nous, ou religieux plus convaincus) pendant dix secondes toutes les vingt minutes… Comme les photos de la Kumari sont interdites, nous ne pouvons que vous proposer des images du bâtiment où elle vit quasi-recluse, et des photographies de ses admirateurs.

Le site en lui-même est très beau, et définitivement à faire, avec ses pagodes parfois décrépites mais toujours impressionnantes. On apprend sur le prospectus remis à l’entrée que le Népal est le seul royaume hindouiste dans le monde entier, même si le bouddhisme y est aussi très présent, ce que confirme le musée installé dans l’ancien palais royal, où des photos et des tableaux représentant les monarques népalais montrent, par exemple, le couronnement rituel – qui a toujours lieu de nos jours à Durbar Square d’ailleurs.

Evidemment, c’est un lieu très touristique, et les raisons d’y dépenser son argent abondent : shopping (j’ai sympathisé avec un vendeur qui m’a appris à jouer au jeu d’échecs népalais, le « jeu du Tigre et de la Chèvre », et nous a ensuite offert un bracelet bouddhiste à chacun) ; henné (la petite Angel, au bagout impressionnant, m’a proposé ses services et je n’ai pas eu le coeur de dire non) ; vrais ou faux saddhus (saints hommes) qui font de leur religion un fond de commerce (Yann en a fait l’expérience, puisque toute photo se monnaie, même si on peut parfois aussi récolter une bénédiction en échange !).

Après cette première visite nous avons déjeuné dans un café sous la bruine qui commençait à se faire sentir, puis réquisitionné un taxi pour filer à « Durbar Square 2 » (le retour), à Lalitpur dans le district de Patan. Ici le prix d’entrée était moins cher car le site est moins grand et sans doute moins ancien, mais mieux entretenu toutefois. Là nos avis divergent : Yann a trouvé le premier site plus impressionnant et s’est montré peu sensible à cette deuxième visite, que j’ai pour ma part préférée dans le sens où le site me semblait plus accessible (mieux ordonné et mieux conservé). Mais l’un dans l’autre, les bâtiments se ressemblent et permettent dans les deux cas de s’initier à l’Hindouisme, à ses dieux multi-bras, à ses animaux sacrés et à ses rituels particuliers. D’ailleurs, petite parenthèse : je ne suis pas une experte en Hindouisme ni en Bouddhisme, mais j’ai tout de même voulu en expliquer les bases à Yann histoire que tout cela ne reste pas trop obscur… j’ai donc commencé par lui demander ce qu’il savait de Bouddha, et il a fallu qu’il plaisante sur « ce gars qui a monté un bar à Paris… ». J’ai bien rigolé, j’avoue. Note pour moi-même : lui offrir Siddharta d’Herman Hesse à Noël.

Dans la foulée nous avons bu un verre dans les jardins du musée, très agréables, fleuris et au calme – ce qui ne laisse pas de faire plaisir après s’être heurté au trafic et à l’agitation permanente de la ville. Yann a pu expérimenter pour la première fois depuis notre arrivée le goût de la bière népalaise, l' »Everest », fraîche, peu amère et pétillante (c’est l’une de nos traditions de goûter les bières locales, comme la Kilimandjaro en Tanzanie) pendant que je tentais mon premier lassi (pas très réussi, je vais attendre l’Inde…). D’ailleurs je transmets ici un message de Yann : « C’est une année sportive ; après m’être fait le Kilimandjaro, je me suis tapé l’Everest ». C’est ce qu’on appelle les abdos Kro…

Epuisés et désireux de faire quelques économies, nous sommes ensuite passés à l’épicerie pour acheter de quoi grignoter dans notre chambre : chips népalaises archi-piquantes, crackers divers, et un litre de jus de litchi.
A 21h je dormais déjà et Yann n’a pas fait long feu non plus.

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